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Le Furet aurait-il attrapé la rage ? C’est peut-être ce que certains se diront en lisant ce nouveau numéro. Mais qu’il joue ou qu’il morde, le Furet n’aime pas qu’on le prenne pour une buse. Non, le Furet ne donnera pas la patte. Il n’est pas venu le jour où on l’empêchera de courir les bois librement. Suicide journalistique dans cette ville atteinte d’hypocrisie chronique ? A ceux à qui on ne manquera pas, on fera nos adieux sans regrets. Adieu donc à ce clergé décadent qui aimerait bien nous imposer sa vision de la Foi. Commencez par vous regarder dans le miroir avant de nous faire la morale. Adieu les vieux chevaliers en armure trop propre, qui se croient au sommet de la chaine alimentaire alors qu’ils passent leur temps à regarder la mer. Votre seule conquête sera d’avoir fait tourner quelques têtes. Adieu aux paladins irréprochables qui jettent leur vertu à la première catin. Adieu les gentils bandits, les mercenaires en solde, les pirates sans bateau. Adieu les citoyens oisifs, qui ne savent pas quoi faire de leur ennui. Prêts à bondir sur le premier incident en ville comme une bande de chiens mal nourris. Adieu, les inconnus qui n’ont rien à dire si ce n’est brandir leur indifférence en se croyant dissidents. Adieu les nobliaux snobinards, propriétaires de terres dont personne n’a jamais entendu parler. Adieu à tous ces politicards fatigués qui s’agrippent à leur petit pouvoir comme un orphelin à son morceau de pain. Adieu à tous ces types exotiques, qui voudraient avoir l’air original, les Sindo pas Rendo, les Rendo pas Sindo, les chevaliers pas vraiment morts. A quand un chasseur de démon videur à la Chope Sucrée ? Adieu les « cognards » qui seraient mieux sans leur « g ». Adieu enfin, la petite journaliste qu’on dira dérangée, il y aura toujours deux ou trois lèche-bottes intéressés pour quémander leur petite publicité.

 L’ÉGLISE SE MET BIEN Et nous, on est mal ! Le triste bilan de l'évêque Valdelmar en page 2

Geillis Jorgensen

Le flair pour guide, la vérité pour emblème
18 juin de l'an 38 Numéro 4

Le 28.04.38 le Guet Urbain a ouvert ses portes au grand public. Démonstrations, parade militaire, discours hommage au roi Varian Wrynn, engagez-vous rengagez-vous ! Le message est clair, le public au rendez-vous, de quoi susciter les vocations et rappeler que la Garde reste un des fleurons des institutions hurleventoises, si on en doutait encore. Et puis si ce n’est pas par vocation ou pour l’amour de l’uniforme, il reste le séduisant Reed Fabre !

Journée des Gardes , <
ÌCAVALCADEÍ

Les forains de la Cavalcade proposent des animations, des manèges, un service divination, des marchands, des saltimbanques, et plein d’autres surprises ! Que ce soit pour une soirée, trois jours ou une semaine, n’hésitez pas, contactez-nous ! Lucky Knives

Vigne Espiègle m
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Du gratin, du champagne, et des paillettes sur du velours sombre. Adèle Sulivan était fière de réunir « la crème de la crème » lors de sa soirée mondaine du 28.04.38. Vous n’en étiez pas ? Le Furet, si, mais qu’on vous rassure, il ne s’y est rien passé d’extraordinaire.

 

Taper sur quelques nobles noms, présents ce soir-là ? A quoi bon, il n’y a rien à en dire ! Des jeux, quelques tours de spectacle, une cartomancienne particulièrement clairvoyante (ou pas), on était censés voyager « à la frontière du réel », nous sommes passés de cour à jardin un verre à la main.

Heureusement, il reste Lysange Delabay pour s’exalter d’un rien, et faire rimer « stupide » avec « insipide ».

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RENDO LIBRE DANS SA TÊTE

Qui était Solarion Clairmatin ? Certains crétins malavisés diront que c’était un Sacrenuit infiltré parce que son sang était bleu, d’autres encore diront un M’as-tu-vu inconscient, un révolutionnaire du dimanche, un fou, une honte pour son « peuple ». Il n’est plus là pour se défendre, tué lâchement lors d’un rassemblement pacifique contre l’autoritarisme de l’évêque Valdelmar le 06.05.38.

ARCHIPIADE VALDELMAR LE BILAN, CALMEMENT

A qui manquera-t-il ? Personne, si ce n’est à la liberté d’expression et d’opinion. Que voulait-il ? Exprimer sa colère face à ce qu’il estimait comme une injustice flagrante. Cette colère était-elle légitime ou totalement infondée ? Devait-il, quoi qu’il en soit, subir ce flot d’ignominies verbales pour avoir affiché son opposition à la volonté de l’Église de ne pas le voir consulter quelques vieux ouvrages de sa bibliothèque ? Le Savoir doit-il être sectorisé, classé, mis sous cloche par quelques détenteurs de morale en soutane ?

 

On récolte ce que l’on sème parait-il. Jusque-là, les Rendo’rei envahissaient nos rues sans provoquer beaucoup de remous. Il a fallu seulement une phrase déplacée, une interdiction butée, et une attitude hautaine pour créer un dissident. Oui, c’est ainsi que les protestataires éclosent. Lorsque l’autorité se fait barbarisme, lorsqu’elle se braque contre le  progrès et qu’elle fait seulement semblant de dialoguer pour avoir raison, et non obtenir la paix.

Oui, ce rassemblement avait des allures de foire aux bestiaux.  Une pantomime de démonstration de force. Un homme seul, face au Guet Urbain, aux mercenaires de Valdelmar et dans son dos une foule à la curiosité malsaine et malveillante, venue assister à un combat à l’issue déjà connue.

 

Solarion s’est avancé, pas à pas, il n’aura pas franchi une marche de l’Église, abattu par un inconnu alors qu’il était entouré de gardes, sans susciter le moindre émoi. Hurleventois, j’ai honte pour vous, pour nous, pour toute la bassesse dont cette ville est capable. J’ai honte pour l’Église et ses trois Vertus si facilement balayées.

 

Combien de Solarion Clairmatin faudra-t-il voir mourir pour enfin comprendre que la brutalité arbitraire d’un seul peuvent entrainer un vent d’intolérance qui nous balayera tous ?

 

Geillis Jorgensen

Le 15.06.38 c’est avec émotion que fut repêchée la dépouille du célèbre gnome Allifeur Tournepignon, dirigeant de la Gnome Inc., dans les canaux de la capitale, sauvagement assassiné de multiples coups de couteaux. La rédaction peine encore à croire qu’il s’agisse bien du mage facétieux, connu pour ses nombreux clones et sosies. Espérons que l’enquête fera toute la lumière sur cette tragique affaire.

X MORT D'ALLIFEUR TOURNEPIGNON : info ou intox ?
ÌFORGEFERÍ Les Montagnards recrutent !

Le 8ème bataillon de Forgefer recherche des nains et des gnomes motivés pour la carrière militaire et tout type de mission en terrain difficile. Vous aimez le grand air, vous avez le pied sûr et pas froid aux yeux, rejoignez-nous ! Recherchons activement des tireurs d’élite, si vous avez le profil, contactez le Commandant Brave-Tempête (avant-poste de Dun Algaz).

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ÌNIAMH!GREENHALLÍ
La mariée était en rouge
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Ça y est, c’est fait : Niamh Greenhall a enfin pu épouser son promis le 22.05.38 et en grandes pompes, s’il vous plait ! Toute la noblesse hurleventoise vieillissante et décrépie était réunie pour assister aux noces de l’année, que dis-je, du siècle !

Après avoir épuisé deux évêques pour obtenir le droit de voir son mariage officié par un Écarlate patenté, à savoir notre Chancelier sur le déclin, Khassim Al-Rakim, au sein même de la Cathédrale, où il n’est plus le bienvenu depuis que son ordre a été déclaré hérétique quelque mois plus tôt, lors du Synode ; Greenhall a enfin eu gain de cause. Alors, deux poids deux mesures ? Quand il s’agit de laisser entrer quelques tabards Écarlates au sein de l’Église pour prier, pas de quartier, mais quand une petite enquiquineuse snob et capricieuse tape du pied par terre, voilà notre Évêque qui signe sa reddition !

 

On ne parlera même pas – ou si peu -  de la duplicité non dissimulée d’Al-Rakim, très satisfait de son discours, par ailleurs. La diplomatie c’est bon pour les Rendo’rei, pas pour les amis de longue date, allons bon ! Il faut cependant excuser Al-Rakim, il a parfois quelques difficultés à saisir où se trouve sa place. Il ne fait rien pendant cinq ans, et il agit à la fin, quand il ferait mieux de s’abstenir !

 

De plus, il est vrai que les invitations se font rares ces derniers temps pour Khassim le mal-aimé, on ne peut pas lui reprocher de vouloir réaliser le grand exploit de débiter quelques bons mots devant un public béat, surtout lorsque des petits fours sont à la clé ! Alors que cette farce se déroulait dans l’hypocrisie la plus décomplexée, le Furet lui, se rendait dans les terres du Nord, plus précisément au Monastère Écarlate dans lequel, selon Mr Al-Rakim, il ne s’est rien produit de particulier si ce n’est le « massacre injuste » des siens.

 

Eh bien, non Chancelier, il va falloir vous y résoudre, vous êtes le seul à croire encore à vos sornettes. On a même réuni quelques preuves pour vous ! La rédaction se fera un plaisir de vous les envoyer par colis express, dès demain, à votre bureau. En attendant, le Furet souhaite tout le bonheur aux nouveaux époux qui doivent sûrement apprécier de convoler en toute quiétude d’esprit.

 

Geillis Jorgensen

Al-Rakim, comment lui dire…

La rédaction a eu l’occasion de côtoyer notre Chancelier actuel de très près, dévouée qu’elle est à comprendre et à révéler la vérité. Pour beaucoup, Khassim Al-Rakim est un homme courtois, flegmatique et particulièrement connu pour observer l’horizon lors de longues heures méditatives face au port. S’il n’a pas brillé durant son mandat, au moins répondait-il aux courriers qu’on lui adressait sans faire de vagues. Alors pourquoi s’intéresser à ses amours Écarlates, maintenant qu’il est prêt à être poussé dehors par son successeur ?

Parce que nier l’Histoire tout en détenant un tel statut politique devrait être un crime, eut égard aux victimes qui ont eu à subir la folie de cet ordre déviant. Un ordre censé protéger notre peuple, représenter l’Alliance, et qui s’est avéré devenir notre ennemi. Nous avons voulu laisser le bénéfice du doute à Khassim Al-Rakim. Il prétend à qui veut écouter ses habiles discours que les Écarlates n’ont en réalité jamais commis aucun des crimes dont on les accuse. Ils seraient même, selon lui, les victimes d’une terrible injustice et massacrés par quelques aventuriers zélés, dans une guerre cruelle et sanglante, dans laquelle ils se sont pourtant dévoués corps et âme. Al-Rakim affirme également avoir mené l’enquête et n’avoir rien trouvé qui incrimine les Écarlates. Il envoie encore à l’heure actuelle des convois de vivres aux Écarlates s’acharnant dans le Nord.

 

Alors nous avons décidé d’aller voir par nous-mêmes. Avec une équipe de mercenaires dont un ancien Écarlate, nous avons parcouru les ruines de leur Monastère. En deux heures, nous y avons trouvé assez de preuves compromettantes pour écarter la moindre once de doute quant à la corruption de cet Ordre. Êtes sûr de vous n’être jamais rendu sur place, Al-Rakim ? Ou êtes-vous un menteur en plus d’être un hypocrite de première catégorie ? A moins que vous ne souffriez, à l’instar de nos cartographes, d’un grave problème d’acuité visuelle. Pourtant nous avons retrouvé les tables de tortures utilisées par les membres de l’Inquisition, ainsi que les restes des réfugiés qui les ont subies. Des réfugiés mais également de jeunes paladins venus pour servir, et n’ayant pas supporté les interrogatoires. Encore des victimes collatérales, Al-Rakim ? Nous avons trouvé des lettres, des journaux incriminant les plus hauts responsables de l’Ordre. Là encore, une erreur d’interprétation ?

On est loin de vos idéaux prétendus, Al-Rakim. Permettez qu’on vous cite une dernière fois, avant de vous oublier définitivement - vous et vos propos négationnistes nauséabonds.

« Il est déjà arrivé que nous croisions des survivants perdus... Si nous avions un inquisiteur avec nous, nous étions obligés de les abattre, peu importe leur âge. Si nous étions entre nous... Eh bien il arrivait parfois que nous puissions les aider à quitter la région... Mais ça n'est quasiment jamais arrivé. » Ancien Écarlate.

Nous avons interrogé l’ancien Écarlate qui vit aujourd’hui dans la honte d’avoir appartenu à cet ordre déviant, et qui craint encore les représailles de quelques fanatiques en liberté. Sur sa peau, un tatouage représentant la Croisade, barré au fer rouge. Il fut arrêté et jugé par un tribunal Écarlate pour avoir voulu remettre en question les pratiques de ses supérieurs, dans un faux procès où il dut défendre – entre autres - qu’il n’était pas lui-même un Réprouvé. Il réussit à s’échapper des geôles avec le concours de l’un de ses compagnons d’arme, jugé comme lui, pour avoir fourré son nez là où il ne fallait pas - avant d’atteindre finalement un camp de l’Aube d’Argent, puis Hurlevent. Il affirme aujourd’hui que l’Ordre lui a volé des années de sa vie.

« Celui qui nie les atrocités commises dans le Nord par la Croisade Écarlate mériterait le fouet. Khassim est un hypocrite, les gens devraient le voir comme tel. Mais je pense surtout que c'est un trouillard qui fuit son passé. Un lâche. Notez-le, ça » Ancien Écarlate.. « Une armure, ça sert à aller là où personne n'autre ne devrait être forcé d'aller, voir ce que personne d'autre ne devrait être forcé de voir, d'endurer ce que personne d'autre ne devrait à avoir endurer, à courir sous les flèches enflammées, à être le premier à arriver et le dernier à partir, à combattre l'indicible à la lueur des sortilèges, à porter mes camarades blessés sur mon épaule, et, en un mot comme en cent, à mener la seule vie qui mérite d'être vécue à mes yeux. » K. Al-Rakim

Encore faut-il être dans le bon camp, et se donner les moyens d’être ce grand héros de l’Alliance que vous prétendez toujours vouloir être. Peut-on mettre de côté les méfaits d’une soi-disant minorité corrompue parce que « c’était la guerre », et que les Écarlates furent autrefois de grands chevaliers ? Ce n’est ni à vous, ni à qui que ce soit de réécrire l’Histoire telle qu’elle vous arrange, Al-Rakim. Peut-on pardonner ? Nous ne pouvons que prendre la mesure des événements de l’Histoire, sans les exagérer ni les sous-estimer. La première étape de tout processus de guérison est d’abord d’ausculter attentivement ce qu’il en est de la plaie. Ce n’est qu’après la reconnaissance de ce crime de guerre, ses coupables identifiés et ses victimes reconnues, que nous pourrons éventuellement considérer le chemin du repentir que tant d’anciens Écarlates cherchent encore.

 

Geillis Jorgensen

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ÌARCHIPIADE!VALDELMARÍ J’voudrais bien mais j’peux point !

Est-il temps de faire un premier bilan des actions de l’Évêque Valdelmar et des changements survenus depuis le début de son mandat, il y a environ trois mois ? L’Église semble en effet en pleine mutation, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle ne se déroule pas sans heurts. Retour sur un mandat au bilan controversé !

Archipiade Valdelmar, c’est plus qu’un chignon strict et une robe tirée à quatre épingles. C’est une main de fer… dans un gant de fer. Eh oui, difficile de trouver beaucoup de diplomatie dans cette femme austère aux idées bien arrêtées, pour ne pas dire rigides. Dans la lignée de l’Évêque Hylan, on a beau nous répéter que Ténacité ne rime pas avec Sévérité, Archipiade Valdelmar use de tout son pouvoir pour imposer une vision bien à elle de la Foi et de la fameuse et sacro-sainte Lumière.

« Notre Évêque peut aboyer, et tenter d'imposer des mesures… Au final, ce sont les valeurs séculaires d'ouverture et de charité qui l'emportent sur la déraison. » E.B

Première mise en œuvre de son action : le Bois de la Pénombre. Il est vrai qu’il manquait là-bas un bastion de la Lumière, si tant est qu’on puisse un jour percer les ténèbres surnaturelles qui y règnent en maîtres. Mais Valdelmar ne s’est pas découragée et a bien tenté, bon gré mal gré, d’y imposer sa marque, tâchant de convaincre goules et autres créatures de la Pénombre qu’il leur fallait reculer et aller voir si l’herbe était plus verte ailleurs, sous le regard quelque peu perplexe des Veilleurs. Le but affiché était de réhabiliter la vieille chapelle en ruines laissée à l’abandon depuis des années.

 

Difficile de savoir si la petite expédition a porté ses fruits. Aux dernières nouvelles, les worgens sauvages n’ont pas encore déménagé, les banshees continuent de pleurer, et les goules de s’ébattre joyeusement dans les fourrés. Il paraîtrait que la nouvelle diacre Jadis Naryfaith s’est installée à Sombre-Comté pour y représenter la Lumière… On vous préviendra quand on l’aura retrouvée.

 

Peu de temps après ça, on a vu débarquer de nouveaux gardes, recrutés on ne sait où, pour assurer la sécurité de la cathédrale. Selon Valdelmar, rien que des paladins et des prêtres pour maintenir la paix au sein de ce lieu sacré de la capitale.

De notre côté, nous ignorions que le Guet Urbain devenait insuffisant pour effectuer cette tâche, mais on nous a garanti que les « évènements récents » justifiaient un regain de vigilance.

 

Du peu qu’on a pu en voir, à part rouler des mécaniques durant des rassemblements publics et interdire l’accès de la cathédrale en faisant du contrôle au faciès, ces nouveaux gardes n’ont pas garanti grand-chose, si ce n’est accentuer encore le climat de tension qui a pu régner durant le cinquième mois de l’année. Mais qu’on se rassure, cette garde triée sur le volée, qualifiée de « mercenaires » par le père Eudes Bonefoy, n’aura pas fait long feu, disparaissant à peine deux semaines plus tard, comme elle était venue.

Concernant le bilan de Valdelmar : « De belles paroles, quelques actes tapageurs, et c'est à peu près tout. » E.B.

Non contente d’exacerber les tensions avec les peuples alliés, comme en témoigne tristement la mort de Solarion Clairmatin, notre Évêque a également réussi à se mettre à dos la Chancellerie en période d’élections. Selon Valdelmar, les membres du clergé n’auraient pas à devoir rassembler les cinq signatures nécessaires pour se présenter en tant qu’électeurs.

 

Question de respect pour les dévoués membres de l’Église, étant donné leur statut d’hommes et de femmes sages et avisés, ils n’auraient pas à se vouer aux mêmes règles que le tout-venant. Un argumentaire qui aura eu peu d’écho aux oreilles de la chancelière Farral.

 

Résultat des courses : pas de candidat pour représenter les membres du Clergé aux élections, et seulement un grand électeur, parmi la vingtaine s’étant portés volontaires. Avec ça, pas sûr que l’Église ait grand-chose à dire dans la politique institutionnelle de la ville. Chancellerie 1 – Valdelmar 0.

Et qu’en est-il de la cohabitation avec les différents mouvements de pensée au sein de l’Église ? Laissons la parole au père Eudes Bonefoy, diacre et représentant de l’évêque Léander qui résume mieux que nous ce qu’il en est, et que nous avons rencontré il y a moins d’un mois :

« En ce qui concerne la cohabitation avec l'Évêque actuel, je dirais qu'elle est aussi simple que toute cohabitation avec une personne mal élue, peu légitime, si on la compare au précédent Évêque, et de surcroit très autoritaire. » E.B.

Peu adepte des pratiques rigoristes de Valdelmar, le père Eudes Bonefoy ne redoute cependant pas les représailles qui pourraient pleuvoir sur lui et ne mâche pas ses mots, prônant haut et fort les valeurs de tolérance et d’ouverture que devraient être celles de l’Église de la Lumière.

« Au mieux, elle pourra faire comme elle a déjà menacé de le faire, exclure les récalcitrants du diocèse. Mais l'Église est une grande maison, et les portes ouvertes sont nombreuses. Je ne crains pas pareille sanction. » E.B.

Le 09.06.38, le diacre entre même officiellement en opposition avec la (in)gérance de l’évêque actuelle au travers d’une lettre ouverte aux formules on ne peut plus explicites, enjoignant les membres de l’Église à le rejoindre pour remettre au goût du jour les valeurs traditionnelles de la Foi : tolérance, charité et propagation de la bonne parole par le prêche.

« Alors que nous contemplons, non sans amertume, notre cathédrale vide d’Évêque, de clercs et de fidèles, nous nous devons de réagir et orienter à nouveau notre Église vers nos valeurs originelles. Rejetons ceux qui rejettent à quelques-uns l’accès à notre Cathédrale, car ce ne sont que de pauvres arbres morts, qui tentent de masquer la forêt de leur échec à dynamiser notre Église. Nous nous devons d’incarner à nouveau une Église ouverte au monde et à la connaissance, pour mieux exister, et rayonner » Extrait de la lettre ouverte d’E. Bonnefoy.

Mais qu’on se le dise, Archipiade Valdelmar, probablement en mission ultra secrète et de la plus haute importance, au vu de son absence prolongée ces dernières semaines, pourrait bien revenir et renverser la vapeur avec quelque acte héroïque, digne des plus grands hérauts de la Foi… qui sait ?

 

Geillis Jorgensen

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JE VOTERAI BLANC m
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Pour tester le système ? Voir si les bonnes manières m’y autorisent ? Ou pour faire ma petite révolution de salon ? Oh, je vous entends déjà les mauvaises langues : ce minable gnome a été mendier ses signatures pour ne rien en faire ? C’est se foutre de la gueule du monde, bafouer les gens qui lui ont fait confiance ou tout simplement se faire chier pour rien. C’est vrai… J’aurais pu me nicher gentiment entre deux coussins, m’allumer une pipe et me siroter un thé exotique ramené de mes chères expéditions. Mais non, rien de tout ça. J’ai réclamé des gribouillis pour montrer mon mécontentement et parce que j’avais une tribune pour le faire.

 

Vous me direz : tu n’as qu’à voter pour le moins « pire ». Vous allez certainement être nombreux à faire ce choix qui n’en est pas un. Mais, moi, en tant que citoyen de cette grande ville et sujet du Roi, je ne peux m’y résigner. J’ai bien essayé, mais je ne peux vraiment pas. Donner mon bulletin en faveur de ce forçat de la réclame ? Allons, gentil ne veut pas dire faux-jeton, et je placerais Walter plutôt dans la deuxième catégorie. A Kelbourg, alors, le nantis qui fait juste ce qu’il faut, sans se fouler ? Le programme se tient mais l’homme lui, ferait plutôt mieux de tenir son mépris en laisse. Langeais ? Une gentille fille, bonne élève mais… Mais rien de plus. Accordons-lui au moins le mérite de n’avoir pas été dans la surenchère, si ce n’est celle du manque d’idées.

 

Comme moi, j’invite les Grands Électeurs à glisser dans l’urne un bulletin vierge. Vous représentez vos amis, vos connaissances ou des gens de passage mais en aucun cas, ceux-ci ne vous mettent le couteau sous la gorge. Je le répète, vous n’êtes en rien obligés. Voter blanc n’est pas fuir ses responsabilités, c’est au contraire, se dresser face au consensus et – il est vrai - se faire chier pour rien. Mais rassurez-vous, c’est le propre des penseurs courageux et de ceux qui font bouger les lignes.

 

Galbenel Polbouquine

Que s’est-il passé depuis notre dernière diatribe sur la courses de nos chers escargots ? Demiora a jeté l’éponge, Aldorey Kelbourg est sorti de sa réserve, Rislon était (Mil)loin, l’amiral Walter est resté en « bonne et due forme » fidèle à lui-même et toujours aussi exaspérant ; et Sarisse Langeais est sortie de l’ombre, afin d’inaugurer un tout nouveau genre de campagne : organiser des discours ouverts au public au kiosque derrière la cathédrale. Pas moins que trois rencontres afin que le peuple qu’elle dit vouloir représenter émette ses demandes, et lui souffle son programme. Démarche que plus d’un jugerait hasardeuse et peu professionnelle, mais la digne Sarisse Langeais a tenu bon, malgré l’apparente défection de son public, peu enclin à suivre les horaires de ses rencontres. A sa suite, notre bon vieil amiral s’est prêté lui aussi à l’exercice qu’il critiquait, jamais en reste. Puis ce fut au tour de Milloin, au réveil tardif un jour avant le tour qui devait le départager de Walter. Seul Kelbourg n’a pas daigné se prêter à ce petit jeu populiste, se contentant de prêter sa langue acerbe aux rassemblements de ses concurrents. De fait, le Furet, a usé son séant sur des bancs de pierre inconfortables afin de suivre ces allocutions.

 

Constructif ou pas ? Disons-le clairement : non et non. D’un point de vue stratégique d’abord. Pourquoi exposer son programme à ses concurrents, et ses potentielles failles de manière aussi flagrante ? Du reste, les candidats ont bien compris la manœuvre : ils étaient bien les seuls réellement intéressés par les débats de leurs concurrents, et n’ont sûrement pas manqué de s’en servir pour s’en démarquer. Pas bête Albert. D’un autre côté, s’exposer au public sans garde-fou pourrait sembler une démarche courageuse, qui n’a pas manqué d’être notée lors de la première soirée de Langeais. Mais grands dieux, quelle perte de temps ! C’est oublier qu’on s’adresse aux Hurleventois. Il faut donc compter démarrer les discussions avec au minimum une demi-heure de retard, essuyer une série de badauds hébétés attirés par la foule comme des mouches autour d’un pot de confiture. « Mais qu’est ce qui se passe par ici ? ». Et s’attendre à parler de tout autre chose que la campagne, entre les cancans d’untel, le désintérêt provocateur des autres, les scrupuleux tatillons qui aiment afficher leur science plus qu’ils ne s’intéressent à la politique de la cité. Les débats s’étalent, se diluent, on s’y embourbe et on en ressort avec la migraine et une singulière sensation d’avoir perdu son temps.

 

Le paroxysme fut atteint lors de l’allocution publique de Walter. Entre l’éloge interminable du personnage récité par un de ses hommes en guise d’introduction et la foule grossière et jacassière réunie là ce soir-là, nous avons assisté à un spectacle des plus grotesques. Walter s’est littéralement fait dévorer par la basse-cour minable d’une horde de volailles débiles et braillardes venue tout exprès pour participer à la débâcle, et précipiter le peu de réflexion intellectuelle de ce rassemblement dans des abysses impénétrables.

Les réponses évasives voire totalement hors sujet de l’amiral n’ont rien arrangé, et ce n’est pas son service d’ordre tout à fait passif qui a pu contenir un tant soit peu l’assemblée. De quoi vous dégoûter de voir le « peuple » s’exprimer à haute voix. Si l’exercice pouvait semblait rehausser le courage de l’une, il a probablement desservi l’image de l’autre. Dommage donc, à l’image de tout le reste. Ce n’est pas l’organisation quelque peu improvisée et partiale de cet événement qui aura aidé à clarifier les choses. Confusions, manque de transparence, changements de règles tombés du ciel, abandon de candidat… Sarisse Langeais s’est trouvée propulsée au deuxième tour du jour au lendemain, et Milloin a rapidement été éjecté de la course par son concurrent aux dents aiguisées. Les entretiens des électeurs avec la chancelière Farral nous ont laissé un goût douteux, comme un rappel de plus ou moins bon aloi sur le « bien voter » et donc par extension, sur le candidat idéal à choisir. Si la Chancellerie voulait rester neutre dans l’affaire, c’est raté.

 

Point final de cette campagne laborieuse, le débat organisé par nos soins avec les trois candidats restants, le quatorzième jour de ce mois. Le but de cette soirée ? Mettre au clair les différences de programme des candidats, et permettre aux grands électeurs d’avoir une vision synthétique sur chaque personnalité encore en lice. Le Furet comptait sur la bonne tenue des candidats, afin de permettre un temps de parole équitable entre chacun. De fait, ils se sont montrés plutôt bons élèves en la matière, dans un cadre que nous espérions propices aux échanges. De ce point de vue, on a surtout assisté à un exercice de style où chacun tâchait d’édicter son programme. Mais on ne peut pas dire qu’il y ait eu beaucoup de confrontation sur les questions de fond, chacun restant finalement campé sur ses positions.

 

On aura la confirmation que Walter et Kelbourg ne s’apprécient ni sur la forme ni sur le fond, rien de nouveau sous le soleil, donc. Finalement, ce fut Sarisse Langeais qui, avec son caractère studieux et son sens de la mesure, a réussi le mieux l’exercice et s’est rendue la plus sympathique. La présence du major Karven Stolen, et l’apparition de la chancelière Farral en fin de débat démontrent que la désignation du futur promu aux affaires urbaines demeure tout de même un enjeu crucial dans les relations entre les deux institutions séculaires de la capitale. Vous pourrez retrouver l’ensemble des échanges dans notre billet spécial sur la retranscription du débat. Au terme de cette campagne interminable, la seule chose qu’on espère encore, c’est que les électeurs seront présents au rendez-vous des urnes le vingtième jour de ce mois.

 

Geillis Jorgensen

Le dernier tour des élections aura lieu le 20.06.38, et désignera le nouveau chancelier aux affaires urbaines. Les derniers candidats en lice sont Sarisse Langeais pour le petit peuple, l’Amiral Jonathan Walter, représentant des notables, et Aldorey Kelbourg pour la noblesse. Retour sur les dernières semaines de course – plus ou moins trébuchante – à l’investiture

LES ÉLECTIONS : A BOUT DE SOUFFLE

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Rédactrice en chef : Geillis Jorgensen

Journaliste : Galbenel Polbouquine

Assistant : Harlan Smoothe

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ALERTE ! m
l QUI A TUE ANDROSIA MORTCRASSE ?

Le 27.04.38, la patronne du Beauregard est retrouvée morte dans d’étranges circonstances. Mais les morts sont moins silencieux qu’on ne le croit. En effet, trois jours plus tard, le Furet a reçu les dernières volontés d’Androsia Mortcrasse rédigées une heure avant sa mort. Ses révélations accusent clairement ses assassins et leurs sordides chantages. Qu’on se le dise, on ne laissera pas les assassins d’Androsia s’en sortir si facilement.

 

Si vous croisez Jack Beauregard aka Darnath Vaerman et ses acolytes du Culte de l’Ombre, Spectre et Cauchemar, contactez la garde au plus vite. Ces énergumènes, en plus d’être fourbes et sanguinaires, sont assez lâches pour se terrer dans l’anonymat, plus prompts à assassiner des femmes seules et sans défense qu’à affronter des adversaires à leur mesure, usant de chantage et de torture pour terroriser leurs victimes. Soyez prévenus, adorateurs du Vide et autres brigands de bas étage. Nous vous trouverons et vous paierez pour vos crimes. Hurlevent ne tombera jamais entre vos mains !

X ÌLA!PLUME!FRIVOLEÍ

Vous vous demandez peut-être qui est cette petite plume taquine qui nous gratifie de ces bons mots depuis quelques semaines ? Eh bien, le Furet l’a rencontrée, après quelques échanges de correspondances fort mystérieuses ! Si nous ne pouvons rien révéler de son identité, l’on peut aisément dire que notre homme – oui c’en est bien un - est avant tout un libre penseur, une oreille attentive dans la ville qui cultive autant le sens de la justice que la verve satirique des fabulistes d’antan.

« Si je voulais simplement écrire des fables et des contes, je n'aurais rien écrit. C'est dans la morale que je cherche la justice » P.F.

Son objectif ? Instruire tout en amusant ses lecteurs. S’il reste anonyme c’est bien plus par jeu que par crainte de la censure ! Goût du mystère, et un poil d’insolence, voilà qui fait souffler un vent de fraicheur sur la capitale, qui en a bien besoin !

« L'anonymat n'est pas une marque de lâcheté, c'est un outil : qui est la plume, de qui parle-t-elle dans sa fable ? C'est là les questions qui attirent les lecteurs, la curiosité est mon alliée. » P.F.
Le cerf sans bois, les fables de la forêt : III

Vous souvenez-vous du grand cerf mourant ? On pourrait croire que cet animal est à plaindre, que nenni ! S'il est mourant, c'est bien qu'il y a une ou plusieurs raisons à cela. On s'interroge donc :

 

Est-ce son habitude à trop fréquenter le plumage des dindes et les cuisses des biches, se fichant ouvertement de ce qu'il se passe dans la forêt qui aurait pu lui faire perdre les bois de sa tête ?

 

Est-ce son inactivité quasi constante, l'art qu'il a de rester face à l'horizon, brûlant sa matière grise au soleil sans agir - et ce presque tout au long de l'année - qui lui fait perdre la vue ?

 

Est-ce sa facilité à nier l'évidence, à réinventer et enjoliver le passé en cachant, d'un air presque fier et suffisant, tous les méfaits des siens qui l'a rendu aussi amnésique voire sénile ?

 

En tous les cas, vous l'aurez compris, le vieux cerf au pelage doré par le soleil n'a de gloire et de vertu que le nom, se complaisant dans la négation et la débauche la plus totale.

 

Il se vante même de respecter les vertus sacrées des bois et pourtant, il n'en fait rien, oisif et flemmard, il ne semble jamais avoir été à la hauteur de sa fonction.

 

De plus, comble de l'horreur, il ne semble point se soucier de l'avenir des bois, continuant de déplumer de l'oie ou encore de se complaire au soleil.

 

Comment est-il devenu si puissant par le passé ? Voyons, quand on fréquente le nid des volailles, on finit par se faire un nom, visiblement un bon !

 

On se souviendra du cerf comme une bête ayant été placée au hasard, vivant dans un temps qui n'est plus le sien, défendant des idées qui sont à la vertu ce que la torture est à la compassion. Pour l'heure, on peut espérer qu'on entendra plus parler du cerf direz-vous ?

 

Voyons, nous pourrons toujours entendre le gloussement des dindes qu'il côtoie !

 

La Plume Frivole

Le Furet Couronné est un journal s'inscrivant dans la communauté jeu de rôle du serveur Kirin Tor (EU) sur le jeu World of Warcraft.

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