Alors que le conflit entre l’Alliance et la Horde s’embrase, la rédaction se refuse aux partis pris faciles. Le cycle de la haine est aisé à entretenir. Mais il vaut mieux regarder à son pas de porte avant de faire la morale à son voisin, même quand il a la peau verte et des crocs. « C’est une guerre entre deux visions du bien, deux visions de l’avenir », comme on me l’a si sagement rappelé il y a quelque temps. On peut condamner Sylvanas Coursevent pour ses crimes, mais on ne peut pas condamner un peuple entier avec elle. C’est pourquoi le Furet prendra toujours le parti de la justice et de la vérité, plutôt que celui de l’aveuglement et des préjugés. Ces derniers temps n’ont jamais été plus troubles. On trouve des déserteurs et des lâches parmi ceux en qui on avait placé sa confiance, des ennemis qui s’avèrent être plus proches que l’on ne croit, au sein même de notre cité, tandis que des adversaires séculaires s’avèrent des alliés inattendus.

GUILDE DU FER La pègre de Hurlevent La Chancellerie et la Garde éclaboussées ? Notre enquête en page 4 !

Geillis Jorgensen

Le flair pour guide, la vérité pour emblème
13 décembre de l'an 38 Numéro 5

Dans le Nord du Royaume, les troupes de l’Alliance et de la Horde s’affrontent pour ce qui reste de Lordaeron depuis les ravages de la reine Banshee sur Fossoyeuse. Les combats se concentrent principalement sur la région des Hautes Terres Arathies mais s’étendent jusqu’à Gilnéas. Vers la fin du 10ème mois, une grande bataille a eu lieu sur l’ile de Fenris, donnant lieu à une victoire de l’Alliance, qui arrache - au moins temporairement - cette zone à la Horde. Le chef de clan du Poing Ardent, Drangor Œil-de-Flamme, a été capturé à cette occasion, au prix de lourdes pertes. Pas de quoi se réjouir cependant, car la région subit toujours les affres et les destructions de cette guerre qui ne semble pas prête de s’arrêter.

Bataille de Fenris , <
ÌACADEMIE!ROYALEÍ

Une nouvelle institution a ouvert ses portes ces dernières semaines à Hurlevent, à l’initiative de Sarisse Langeais et Eudes Bonefoy. Il semblerait qu’il s’agisse avant tout d’un centre de formation et d’apprentissage réunissant savants et théologiens de tout poil. Une chose est sûre, ils recrutent ! Après une messe introductive en l’honneur des indigents (ils ont bon dos, ces temps-ci) prononcée par Eudes Bonefoy qui n’a pas suscité les émules de la foule, un buffet lui a fait suite, en comité restreint et lucratif.

Le suppléant à la chancellerie qu’on ne présente plus, ce bon vieux Walter - y était bien entendu, ainsi qu’une partie du corps officier de la garde de Hurlevent, mais encore quelques Rendo’rei et autres officiants de la Cathédrale. Drôle de mélange à table mais tout ce petit monde a dévoré les plats de Doubhée Beckris en bonne intelligence. Si les objectifs semblent encore peu clairs, nul doute que Langeais et Bonefoy, rôdés à la politique hurleventoise, sauront mener leur barque pour se faire une place en ville. Ma foi, si c’est pour la science ! Affaire à suivre.

 

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LE DESTIN D'UN ORC

Lorsque la nouvelle nous est parvenue qu’un chef de clan orc avait été capturé pendant la bataille de Fenris, nous ne pouvions pas passer à côté de cette occasion de rencontrer enfin « l’ennemi » en face à face. Peut-être pour comprendre, mais aussi pour le convaincre. Et quoi de mieux qu’une geôle pour discuter ? Voici le récit de cette cohabitation improbable qui dura plusieurs semaines.

DRANGOR ŒIL-DE-FLAMME DERRIÈRE LES BARREAUX AVEC UN CHEF DE CLAN ORC

J’ai quitté Gilnéas il y a dix ans, quand le mur est tombé. J’y ai laissé de tristes souvenirs de guerre macérés dans un haine farouche des Réprouvés. Finalement rien n’a tellement changé ici. C’est toujours la même ville humide et dévastée, mis à part que l’époque a changé, et que j’ai gagné quelques cicatrices supplémentaires. Mais les adversaires sont toujours les mêmes. Sauf que désormais, la reine Banshee a gagné la Horde pour la soutenir. Un fait dont je devais m’assurer moi-même. Comment la vieille Horde de Thrall et de Saurcroc pouvait en être arrivée à suivre cette cheffe indigne et génocidaire ?

 

La rédaction passera les détails sur les moyens plus ou moins douteux mis en œuvre pour parvenir à se faire enfermer dans les geôles les plus insalubres du royaume. Quelque chose qui requiert en général une bourse rebondie et quelques désordres de taille dans une garnison de soldats stationnée là. Et me voilà de retour dans une cage, à bonne distance de mon orc, enchaîné solidement. Sa peau noire et ses yeux de braise attestent de son origine Rochenoire. Un monstre de muscles et de cicatrices, des crocs imposants et des mains prêtes à broyer l’échine du moindre adversaire à la « peau rose ».

 

On retient Drangor pour sa participation à la tragédie de Sombrivage. Cette même tragédie où j’avais perdu l’un des derniers membres de ma famille. Nous sommes des adversaires et pourtant on ne s’était jamais vus ni côtoyés sur le champ de bataille.

Pendant un instant, il est tentant de s’en tenir à la haine réciproque qui se reflète dans ses yeux et qui me tenaille les tripes depuis un petit moment. Mais la haine est facile. Destructrice mais jamais constructive. Alors on se décide à parler. D’abord moi, dans un orc laborieux puis dans un commun haché. Drangor parle ma langue avec le souci d’en massacrer chaque syllabe. La première manche se remporte sur les provocations verbales, sur un combat de définition de l’honneur et de ce qu’il faut pour remporter une guerre. Quand on s’est haïs avec application pendant des années, il est difficile de renoncer aux vieilles habitudes.

MARCHE DES KODOS m l

Chaque année, une grande marche pacifique a lieu en Kalimdor dans les terres ancestrales des Taurens. Cette année encore, malgré les conflits, et les incertitudes de l’avenir, les peuplades pacifiques de la Horde se sont rassemblées au pied des Pitons du Tonnerre le 28ème jour du 11ème mois et ont entamé une longue procession dans un esprit réunificateur jusqu’au cimetière des kodos, où la tradition orale des Taurens se perpétue à travers une soirée de contes. Le texte paraitra très bientôt aux Éditions du Nénuphar. Une tradition qui gagne à être connue en Azeroth.

 

Information rapportée par notre envoyée spéciale en Kalimdor, Zeeta Viltampon.

« Je vais te dire, petit-croc. Si jamais vient le jour où les orcs se soulèvent contre elle, (Sylvanas NDLR) si jamais vient le jour où l'un de nos chefs se dresse contre elle. Alors l'Alliance attendra et je me battrais aux côtés des miens. » Drangor Oeil-de-Flamme.

Malgré la méfiance et la défiance, malgré la haine séculaire, malgré tout, des lignes de convergence se forment. Drangor admet l’impensable : la cheffe de guerre a ravi sa victoire à la Horde en faisant preuve de déshonneur, en brûlant l’arbre monde. Personne ne s’y attendait, pas même la Horde. Malgré mon horrible habitude de « philosopher » et de parler sans cesse, l’orc m’octroie le bénéfice du doute, une légère hésitation dans la lueur meurtrière qui anime son regard habituellement.

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LES ADIEUX D'UN ORC ÌDRANGOR!ET!HARUTTÍ
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Bien décidés à tenir notre promesse faite à Drangor peu avant sa mort, nous avons contacté son plus vieil ami Harutt Totem-d’Échine, un Tauren à la carrure impressionnante, Marche-Soleil et ancien membre de la Main d’Argent. L’entretien a eu lieu à Atreval, un des derniers bastions où la neutralité règne en maitresse absolue et où l’entente entre les factions est encore de mise.

 

Difficile d’imaginer que la Horde et l’Alliance s’entretuent à peine quelques kilomètres plus loin. Harutt n’est pas du genre loquace, comme beaucoup de guerriers de la Horde. Mais son aura paisible contraste avec la force brute qu’il dégage. Après nous avoir posé sobrement quelques questions sur la fin de Drangor, je lui transmets les derniers gages d’amitié et volontés de ce dernier. Quelques mots dictés à la hâte et un croc arraché en guise de sceau.

 

Lorsqu’il s’enquiert de savoir ce qui a été fait du corps de Drangor, je lui confie que nous l’avons rendu au Mont Rochenoire pour un dernier hommage, avec l’aide des Montagnards. Un hochement de tête lent vient ponctuer mon récit. Il n’y a pas à dire, un grand sens de la dignité se dégage du Tauren qui nous fait face. Si nous nous attendions à ce qu’Harutt discute les termes de la résistance face à Sylvanas, ou qu’il se braque face au destin que l’Alliance a réservé à son ami, il n’en est rien. Il émane de lui une simple résolution.

 

Tout faire pour arrêter l’avancée de la reine Banshee et son cortège de non-morts. Pas une plainte, le Tauren ne cille pas devant la tâche ardue qui l’attend : rassembler ses alliés pour entrer en résistance. Avec la promesse certaine que malgré nos différences, nous lutterons ensemble pour délivrer Azeroth de cette sinistre menace.

JUSTICE OU LYNCHAGE ?

Le 14ème jour du 11ème mois, le procès de Drangor Œil-de-Flamme a eu lieu au fort de Guet de Pierre dans les Carmines, à huis-clos. Seuls quelques membres éminents des autorités militaires furent conviés à décider de ce qu’il convenait de faire du prisonnier pour sa participation à la bataille de Sombrivage. La rédaction se doit-elle de rester neutre quoi qu’il advienne ? Ça n’a jamais été le credo du Furet. Parce que la vie est un engagement de chaque instant. Du reste, c’est en tant que citoyenne et non en tant que journaliste que j’ai décidé de prendre la défense de Drangor Œil-de-Flamme durant son procès.

Il refuse toujours de partager sa nourriture avec moi et il promet à chaque fin de journée de me tuer, mais peu à peu ses accents de rage ont moins de conviction. Il nous arrive même de parler du passé, de nos cultures respectives, principalement de l’art de guerroyer, mais aussi de vivre et de grandir parmi nos peuples.

Un lien fragile, mais tangible. Lorsque les débats se sont terminés, nous nous sommes retrouvés tous deux pour un dernier moment du même côté de la barrière. Notre épreuve du feu nous l’avions vécu un étage plus haut, dans un combat inique, sans issue.

« Qu'importe la manière dont il meurt. » Alshaïn Pâlelune, durant les tentatives de soin sur le condamné.

Au lieu de ça, nous avons décidé de faire une parodie de procès. Drangor n’avait tué aucun civil en Teldrassil, n’avait pas participé à la fin de l’arbre monde. Mais il est mort pour une autre que lui. Drangor Œil-de-Flamme n’était pas un saint, ni un héros. C’était un guerrier de la Horde, un soldat. Il est né orc, a combattu comme un orc, a défendu les siens, s’est battu pour survivre. Peut-on reprocher à un soldat de donner la mort en temps de guerre ? Aucun d’entre nous n’y survivrait longtemps à ce train-là et surtout pas notre jury militaire. L’interrogatoire fut entièrement à charge. Chacun leur tour, le commandant Hellenlicht, le commandant Brave-Tempête, le suppléant chancelier Walter, la capitaine des Implacables Alshaïn Pâlelune, tous se sont prêtés à ce jeu des questions où il n’y a pas de bonne réponse. Il n’y avait aucune autre issue possible que la mort. En cela, au moins, Drangor avait prédit justement ce qui allait se passer.

 

Ils sont passés à côté de la lueur de repentir, entre les bravades et les provocations. Qu’est-ce qu’un jury sinon quelqu’un qui essaie de déterminer les faits avant d’aller aux conclusions ? Mon plaidoyer, régulièrement interrompu, ne pouvait que résonner dans le vide. Pourtant Drangor avait changé. Il n’était plus le même orc qu’au premier jour de notre rencontre. Et je n’étais plus la même non plus. Notre cohabitation nous avait menés vers une forme de compréhension.

« Il meurt quand même comme un chien. » Jonathan Walter, après le décès constaté de Drangor.

Il est aisé pour un œil extérieur de décider du sort d’un adversaire. Par esprit de patriotisme exacerbé par les tensions de la guerre, des enjeux de la défaite ou de la victoire. Par esprit de revanche. Pourtant la mort d’un orc change-t-elle quelque chose ? Mourir en soldat ou en prisonnier de guerre, mourir en héros ou en perdant dans une guerre encore non achevée. Et alors ? Les vainqueurs écrivent toujours l’histoire. De quoi relativiser la défaite de l’ennemi et la victoire des héros.

 

Le 14ème jour du 11ème mois, j’ai perdu une bataille personnelle. Celle qui me faisait croire en l’Alliance et en son sens de l’équité et de la justice. Quels choix avions-nous ? Certains diront aucun. Pourtant il y en avait de nombreux. Nous aurions pu garder Drangor en tant que prisonnier de guerre. Espérer qu’il participerait à une future rébellion contre Sylvanas. L’échanger dans des tractations contre nos propres prisonniers de guerre. Le rendre aux siens, une fois la guerre terminée pour qu’ils jugent de son sort équitablement. Montrer à la Horde que nous n’étions pas comme Sylvanas, à céder à nos pulsions meurtrières et vengeresses.

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AUX AMATEURS DE HOUBLON

Vous avez soif ? Vous sentez votre gorge sèche ? Alors prenez votre chope et vos papilles et direction la Pandarie rencontrer le Maître Brasseur Xiong de la Dàhuì qui vous servira sans aucun doute les meilleures bières que puissent vous offrir ce monde !

Mille et un breuvage vous attendent au cœur de ce magnifique continent qui n'attend plus que vous, amateur d'alcool en tout genre !

« Turin m’a demandé de m’excuser, ce que j’ai refusé de faire, et là, tout est allé très vite. » Unicae Barthoz, Haut-Veilleur.

Au départ de notre enquête, l’appel du commandant Norlf Brandacier des Veilleurs. Si nous avions entendu parler de ces vagues agitateurs mercenaires à la sauvette de la guilde du Fer, les tristement fameux « cognars », nous les prenions d’abord pour des individus peu reluisants, toujours stationnés devant la grande porte de leur établissement, ânonnant un jargon à peine compréhensible, principalement ponctué de mots en « -ard » et de rires gras. Mais nous avons découvert qu’ils étaient bien plus nuisibles et agressifs que leurs déboires de taverne ne le laissaient penser.

Non contents de chercher querelle avec le tout-venant ayant le malheur de passer devant leur porte, que ce soit par ennui ou simplement par pure bêtise, ils agissent également désormais par intimidation, et font respecter la « loi du Talion » afin d’accaparer l’ensemble du quartier nain où ils ont élu domicile et faire « respecter » l’honneur de leur guilde. Ainsi, le Haut Veilleur Unicae Barthoz en a fait les frais récemment, enceinte de trois mois, subissant la « bastonnade » en plein jour et en pleine rue parce qu’elle avait eu le malheur de témoigner contre Turin Cendreroc, capitaine des cognars, et ses sbires dans une précédente affaire d’agression qui remonte déjà à plusieurs mois. La jeune femme, à peine âgée de vingt ans, s’est retrouvée seule face à trois nains armés et on ne peut plus déterminés à la faire passer de vie à trépas, alors même qu’ils savaient l’arrivée de la Garde imminente – l’officier des Veilleurs ayant demandé à son collègue d’aller chercher du renfort au moment où elle fut prise à parti par les nains.

S’ensuit un entretien à la caserne de Hurlevent, où la rédaction se trouve face à des mines embarrassées et des explications peu claires sur les suites de cette affaire. On nous redirige assez rapidement vers le caporal Lovelace, qui fut l’un des initiateurs du Bal Caritatif en faveur des réfugiés Kalorei en date du 1er jour du 11ème mois.  Mais également celui qui demanda à la Guilde du Fer d’y participer, au travers d’une vente aux enchères des plus fastes qui rapporta plus de cinq cent pièces d’or à cette occasion. Fait troublant ou simple coïncidence encore une fois ? La rédaction décide de se plonger plus loin encore dans le passé de la Guilde et de ses liens avec la Garde.

« Nous avons entendu l'ordre. Nous sommes restés figés sans le comprendre. Avant qu'on ne retrouve nos esprits, il était trop tard. J'ai vu des orcs, des vétérans, sans l'ombre de pitié envers nos ennemis, s'écrouler. Les cris de victoire se sont étouffés à jamais sur les plages de cette terre. » Drangor Oeil-de-Flamme.

Dire que nous sommes devenus amis serait loin de la vérité. L’amitié se forge sur le respect et les épreuves endurées ensemble. La confiance est un édifice fragile, toujours enclin à vaciller dans l’adversité. Il m’a demandé un jour de l’aider à se libérer. En échange, j’aurais pu rejoindre les siens, vivre parmi eux, apprendre à les connaitre. Une exception à la règle de pureté du sang des orcs. J’ai refusé. Un silence lourd est tombé entre nous pour quelques jours. On ne détruit pas des barrières aussi solides avec quelques mots, peu importe la promiscuité. Puis, on nous annoncé notre transfert vers le sud, en direction des Carmines. Un tribunal militaire allait juger du sort de Drangor.

 

Le transfert ne se ménage pas dans la douceur. Quelques-uns de nos gardes y perdent des os en manquant de prudence avec leur prisonnier. Drangor continue de se battre à sa manière, pour ne pas finir en lâche. Il sait que les siens ont désormais peu de chances de le retrouver et de le libérer. Il résiste face au destin qui s’annonce. Malgré tout, on n’y échappe pas éternellement. On finit dans de nouvelles geôles, moins humides mais tout aussi insalubres. Les rats nous suivent partout où nous atterrissons. Finalement, au bout de quelques temps, Drangor semble se

 

résigner. Pour ma part, je ne renonce pas. J’ai pris ma décision. Je défendrai cet orc. Pour que la justice triomphe au moins une fois. Du moins, je l’espère encore à ce moment-là.

 

LES ÉDITIONS DU NÉNUPHAR m l

Dirigées par Ione Densilla et Celyan Belqueria, les Éditions du Nénuphar sont une maison d'édition à but non lucratif, mue par l'amour des belles lettres. Textes littéraires, savants, poétiques ou philosophiques, les Éditions proposent une large diffusion accessible au plus grand nombre. La maison d’édition propose également la relecture, la correction des éventuelles erreurs linguistiques, la traduction et la mise en page. Adresse située à Dalaran, Enclave du Croc Gris, publications consultables sur place.

Procès de Drangor Oeil-de-Flamme

Nous avons partagé un peu de whisky gilnéen, pour la première et la dernière fois. A l’approche de la fin, les faux semblants tombent. Il m’avait dit qu’il n’y avait rien qu’il voulait transmettre aux siens au cas où il mourrait, car les souvenirs de ses hauts-faits étaient suffisants et que les orcs ont le sens de la mémoire. Mais il s’est finalement ravisé. Malgré la mort qui l’attendait à coup sûr, il a arraché l’un de ses crocs et m’a dicté ses dernières volontés. Celle de lutter contre Sylvanas. Pour la survie de la Horde et de ce monde. Il montre alors plus de sagesse que mon peuple en ce moment précis, tout en se sachant condamné.

« Ils auraient mieux fait d'le tuer comme des sauvages au lieu d'nous faire perdre notre temps. » Bugli Brave-Tempête, dépité, à propos de la condamnation expéditive de Drangor Oeil-de-Flamme.

La mort par pendaison est prononcée presque à l’unanimité. Seul le commandant Brave-Tempête s’y oppose. Drangor me fait promettre de tenir parole et de porter son message, puis, alors que je lui tends une ultime poignée de main, il me repousse en arrière et se jette sur le jury. Mourir au bout d’une corde n’a jamais été une fin digne d’un orc. La dague du capitaine Pâlelune file à travers la pièce, dans un ultime fourvoiement aveugle de l’Alliance, et lui donne ironiquement la mort qu’il avait souhaitée. Celle de mourir au combat, un dernier sourire de défi figé sur les lèvres.

ÌMAFIA!A!HURLEVENTÍ LE VRAI VISAGE DE LA GUILDE DU FER

Hormis les ravages de la guerre en nos terres, une menace plus intestine et insidieuse s’étend au sein même de notre capitale. Nos ennemis ne sont pas toujours faciles à percevoir, et peuvent parfois prendre l’allure plus ordinaire d’un citoyen ou d’un commerçant. Ici, nulle magie ni sortilège, seulement une organisation qui sévit depuis près d’un an sous le nom de la Guilde du Fer. La rédaction s’est penchée sur ses ramifications et ses liens avec les illustres institutions de notre capitale, et de ce qui est devenue progressivement une mafia prospérant aux dépends des habitants de Hurlevent, au su et à la vue de tous.

La Chancellerie et la Garde sont-elles corrompues ?

Le Haut Veilleur échappe de justesse à une mort certaine, sauvée in extremis par l’arrivée des gardes qui lui apportent les soins d’urgence que son état requiert. Les nains tentent alors dans un excès de bravoure héroïque de faire passer cette sauvage agression pour une simple coïncidence, attestant qu’ils venaient d’arriver sur les lieux. Cendreroc est sommé de s’expliquer, mais chose incroyable, il est finalement relâché ainsi que ses nains ! C’est alors que quelques jours plus tard, le commandant des Veilleurs lui-même demande à la rédaction de faire le jour sur cette affaire afin de faire en sorte que justice soit rendue.

« J'ai eu honte, peur de mourir, mais je n'ai pas peur d'eux. » Unicae Barthoz « Les coups pleuvent, je me protège le ventre. Je réussis à sortir ma dague lorsqu'ils me poussent contre un mur, me frappent à grands coups de pied, sur la main, au visage. J'aurai dû mourir... j'aurai pu mourir… » Unicae Barthoz, racontant son agression.
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VEILLÉE DES CONTES

La Chope Sucrée organise sa traditionnelle Veillée des Contes le 17.12.38 à 21 heures devant le grand sapin à Forgefer.

De quoi faire le plein de sucre, d’histoires à écouter ou raconter et d’une bonne dose de convivialité avant le Voile d’Hiver ! Coussins et couvertures mis à disposition par la Chope Sucrée pour les plus frileux(ses).

Et il ne nous a pas fallu longtemps avant de déterrer une histoire qui a de quoi en étonner plus d’un – ou pas. L’affaire remonte au printemps, peu avant le déclenchement de la guerre et des premiers gisements d’Azérite découverts en Silithus. La Guilde du Fer s’apprête à partir en expédition sur place et quoi de mieux que s’en prendre à une personne sans défense pour passer le temps avant le départ ? Marius Derrick est un vétéran du Norfendre, dont les traumatismes l’ont profondément atteint, et qui aujourd’hui vit dans la plus grande pauvreté. Il se fait désormais appeler « Dorothée » présentant un trouble de la personnalité qui le fait se croire une femme. Ce jour-là, il découvre une robe dans une poubelle d’une maison de couture et décide de s’en vêtir.

« Pendant ma balade, au quartier des barbus, je suis passé devant une grosse maison, et ces trois nains étaient devant. Et là, de NULLE PART, Turin m'a craché dessus. » « Dorothée », mendiant de Hurlevent. « Il m'a dit qu'il était désolé. Et que si je l'accompagnais, ils m’offriraient un verre et quelques pièces. Mais ils continuaient à parler dans l'autre langue, et m'ont mené un peu loin de la taverne, je commençais à paniquer un peu. » Dorothée, racontant sa rencontre avec les cognars.

Satisfait de sa trouvaille, il cherche un endroit tranquille où se reposer dans le quartier nain où il avait alors élu domicile. Encore un infortuné ayant la mauvaise idée de passer devant l’établissement de la Guilde du Fer. Des chiens enragés ne défendraient pas mieux leur niche, encore que les chiens, eux, ne font que défendre leur territoire. Turin Cendreroc crache sur Dorothée, sans aucune raison valable, et le mendiant réclame quelques pièces de cuivre en réparation. Les nains s’entretiennent dans leur langue natale et font mine d’accepter et même de lui offrir un verre en guise de réparation. La fourberie des cognars n’a d’égale que leur courage, puisqu’ils se mettent alors à trois nains, armés, pour pousser le malheureux près des canaux et tenter de le noyer.

« Celui avec la capuche m'a mis au sol, et a commencé à me noyer. Je pouvais plus respirer, et à chaque fois, il me laissait deux secondes et recommençait. » Dorothée, témoignant de la sauvagerie des cognars.

Qu’avait donc fait ce mendiant pour s’attirer une telle cruauté ? Simplement décidé de porter une robe. Que tous les membres du clergé de la Cathédrale et les érudits du quartier des Mages se le tiennent pour dit : porter une robe de nos jours est une décision dangereuse, potentiellement funeste. La regrettée figure d’Antonidas vient de perdre dix points de virilité, selon les critères incontestables de la Guilde du Fer en la matière ! Quoi qu’il en soit, Dorothée échappe à son sort à l’arrivée de quelques clients de la taverne de la vieille ville. Un elfe, Valaar Murmebrise, intervient alors et découvre Dorothée à moitié conscient sur le bord du canal qui jouxte la taverne. Il témoignera à la rédaction l’état de faiblesse dans lequel se trouve la victime à ce moment précis, maintenue par les nains à la base du cou. Mais loin de les arrêter, les nains le menacent ainsi que deux autres elfes du Vide sorties de l’établissement, alertées par les cris. La garde ne tarde pas à arriver à son tour et nos braves nains, toujours aussi courageux, expliquent que Dorothée « voulait se baigner ».

Le caporal Lovelace alors présent sur les lieux décide d’embarquer la victime, quelques témoins et les nains, pour une explication à la caserne.

« Lovelace rigolait avec les nains puis leur a dit que y’a pas d'accusation. Je lui ai dit que je voulais porter plainte et que ça n’avait aucun sens. Alors il m'a dit que si j'étais en train de l'accuser, c'est un crime grave et qu’il pourrait m'enfermer. Le pire c'est que les nains continuaient de me menacer devant lui. Mais il ne voulait pas m'écouter, juste des questions débiles, comme "Êtes-vous fou ? " ou "Pourquoi vous portez une robe ?" » « Dorothée », mendiant agressé par les cognars de la Guilde du Fer.

Malgré les traces évidentes de strangulation, l’état de faiblesse de la victime, une scène ahurissante se déroule alors au sein de la caserne. Faisant fi de toutes les évidences et des témoignages, le caporal Lovelace prend parti pour les cognars et se moque même allégrement du mendiant et de sa tenue vestimentaire, accompagné par les quelques gardes présents, qui conserveront leur casque et leur anonymat pour preuve de leur courage. Le témoignage de Dorothée est édifiant. Les nains menacent ouvertement le témoin présent, et la garde ne réagit pas, relâchant même Turin et ses sbires, à la fin de l’entretien. Dorothée proteste mais Lovelace lui promet la geôle s’il remet en doute sa décision.

« Lovelace nous a mis sur des chaises, et quand je lui ai raconté, il m'a dit que j'ai peut-être tout imaginé alors que j'étais trempé jusqu'aux os et que j'avais des marques de strangulation. Les nains disaient que j'étais juste un fou qui les dérangeait alors que je ne les ai pas touchés. L’elfe a dit qu'elle les a vus, les nains l'ont menacée devant le garde qui n’a rien dit. » « Dorothée » mendiant agressé par les cognars.

Alors, pas de favoritisme à l’égard de la Guilde du Fer au sein de la Garde de Hurlevent ? Nous demandons un entretien avec le commandant Hellenlicht, que nous savons connue pour son sens de la justice et de la probité. D’abord réticente, le commandant finit par accepter de nous recevoir. Hellenlicht écoute les éléments que nous lui fournissons, et tente d’expliquer les choix douteux de partenariat de la Garde. Selon elle, nulle « collusion » entre l’institution et la Guilde du Fer, la vente aux enchères lors du bal caritatif ayant été organisée avec elle parce qu’elle était la seule entreprise « crédible » et « facilement accessible ». Les concurrents de la Guilde du Fer seront ravis de l’apprendre. Et elle ajoute qu’elle ne souhaite pas « tout mélanger » entre les méfaits de la Guilde et ses activités commerciales… Il semblerait que Dorothée ne soit pas le seul à souffrir de troubles de la personnalité.

« Par lâcheté, par bêtise ou par ennui. Vous savez, certains de mes hommes sont lassés de certaines agressions sans queue ni tête et parfois n'espèrent qu'une chose, qu'elles se règlent avec un minimum d'efforts. » Le commandant Hellenlicht, à notre demande d’explication sur le comportement des gardes lors de l’affaire Dorothée.

L’excuse nous semble quelque peu faible mais Hellenlicht nous promet de mettre au clair ces différentes affaires et faire du ménage au sein de son unité.

ÌKHAZ!MODANÍ FOIRE DES THANES

Le 15.12.38 aura lieu la foire des Thanes à Kharanos, événement qui daterait de plus de deux cents ans, anciennement une foire aux bestiaux réunissant divers chefs de clans nains mineurs. Etals de marchands, courses de bélier… Attention à ne pas vous faire détrousser ou tabasser, il parait que la Guilde du Fer s’y tiendra en nombre, pour mettre en avant ses marchandises.

LA GARDE AGIT EN FAVEUR DES RÉFUGIÉS KALDOREI

Le 1/11/38, à l’initiative des caporaux Fabre et Lovelace s’est tenu un bal caritatif en hommage des victimes de Sombrivage. A cette occasion, un grand nombre de Hurleventois se sont réunis pour un buffet tenu par la tenancière de la Chope Sucrée, Doubhée Beckris – qu’on ne présente plus – une vente aux enchères qui a remporté un grand succès et un feu d’artifice sous les bons soins de notre gnome intrépide Allifeur Tournepignon, revenu d’entre les eaux. Des discours ont été prononcés par le commandant Hellenlicht, Alshaïn Pâlelune et la chancelière Farral dans un esprit d’apaisement et de résilience. L’intégralité des sommes récoltées ont été reversées aux réfugiés qui se massent de plus en plus nombreux dans les murs de la cité, parfois dans des conditions plus que précaires.

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Nous attendrons donc les suites de ces révélations avant de porter un quelconque jugement sur la duplicité de la garde envers les méfaits de la Guilde du Fer. Hellenlicht ne sera donc pas la seule à ne pas « tout mélanger » et nous gardons confiance dans nos institutions afin de savoir faire la différence entre le bon grain de l’ivraie parmi ses membres. On nous promet des sanctions sévères, et un traitement strict de ce qu’Hellenlicht appelle elle-même « une mafia ». D’autres ont essayé, avant la Guilde du Fer, de prospérer dans l’illégalité, et le commandant de la Garde nous a assuré de sa capacité à les arrêter chaque fois.

 « S’il est coupable, croyez bien que la justice militaire n'a rien à voir avec les condamnations du code civil. » Le commandant Hellenlicht, à propos du caporal Lovelace.

Non contents de cet entretien, nous avons également interrogé un ancien membre de la Garde, Thorwel Lewer, récemment placardisé pour des raisons obscures et envoyé sur le front en Arathi, il est vrai qu’on y manque toujours de chair à canon compétente. Réputé pour sa rudesse, l’individu nous semble pour autant assez direct et franc pour que son témoignage soit digne d’intérêt au sein de cette enquête. Lorsque nous l’interrogeons sur l’organisation et le fonctionnement de la Garde, il admet de lui-même que la Guilde du Fer bénéficiait de largesses incompréhensibles de la part de certains gardes, que ce soit par « bêtise » (le mot revient assez souvent pour être noté), ou par d’obscures accointances.

 « J'imagine que certains gardes mènent une bonne entente, avec cette guilde, compagnie, peu importe ce qu'ils sont. Et qu'ils décident, très probablement, de les mettre sur les devants, voire de les défendre. Après, cela vient probablement de plus haut. Donc du corps officier. » Thorwel Lewer, à propos de la relation entre la Garde et la Guilde du Fer.

Mais les faits ne s’arrêtent pas là. Il semblerait que la Guilde du Fer ait également réussi à atteindre la Chancellerie en la personne de Jonathan Walter, l’actuel suppléant d’Aldorey Kelbourg. Le Furet a pu l’entendre formuler des propos on ne peut plus compromettants entre deux petits fours lors du diner mondain organisé par l’Académie Royale. Non seulement, les Fils du Kraken – équipage de l’Amiral Walter – fait actuellement affaire avec la Guilde du Fer, admettant que « la plupart de leurs canons et armes à feu » proviennent de ses artisans, mais Walter les aurait approchés avant les élections afin d’obtenir leur voix, en échange de largesses après son accession au pouvoir, selon une source sure, proche de la Guilde.

« Avant les élections du chancelier, alors qu'ils faisaient tous campagne, un homme est venu trouver la guilde via Valdron [un nain de la Guilde du Fer NDLR]. Il prétendait venir de la part de Walter, et demandait le soutien de la guilde en échange du quartier nain à l'élection du chancelier. » Ancien membre de la Guilde du Fer.

Nous laisserons le lecteur juger du caractère séditieux des propos de Walter lors d’une conversation avec le commandant des Implacables, Jan Oberlson. Notre homologue de la Gazette de Hurlevent, Rislon Miloin, également présent ce soir-là, pourra témoigner des propos énoncés par Walter dans la plus grande tranquillité.

“Je sais notamment que la Guilde du fer cherche à s'étendre, probablement sur tout le quartier nain. [...] Le pauvre Whitestag [concurrent direct de la Guilde du Fer NDLR] sera encerclé, je ne donne pas cher de sa peau. J'ai su les brosser dans le sens du poil et je croule sous les cadeaux pour ma part. [...] Il faut savoir les prendre. Si vous ne partez pas sur des bonnes bases c'est irrécupérable. Je m'entends bien avec le Vénérable [Gondagar Mire-Diamant NDLR]. Je pense qu'il apprécie mon travail à la Chancellerie. En fait si vous partez mal avec eux, ils se vengent, puis vous aussi et ça part en cercle vicieux. C'est souvent pour ça qu'ils n'ont pas bonne réputation. Ils sont vindicatifs et réparent les torts à leur manière.”

De fait, on s’étonne moins des derniers événements, les industries Whitestag ayant vu leur devanture couverte de déjections et d’ordures par la Guilde du Fer, et obligées de fermer boutique dans un climat de tension palpable au quartier des nains. Nul doute : la Guilde du Fer est en passe de conquérir ce qu’elle croit pouvoir s’octroyer par la force, à savoir le quartier et peut être la ville entière. Mais comme le dit si bien le Commandant Hellenlicht : « Il arrivera un moment où ils iront trop loin et finiront comme tous les autres [c’est-à-dire en prison NDLR] ». Espérons que ce moment est enfin arrivé, pour le bien de Hurlevent.

WHITESTAG Vs. GUILDE DU FER X
LE QUARTIER NAIN S'EMBRASE !

Depuis peu, on a pu voir les devantures des industries Whitestag recouvertes de déjections et d’ordures. Des conflits armés auraient eu lieu près des locaux de la Guilde du Fer, certains allant même jusqu’à les qualifier de « guérilla » et des tractations seraient en cours afin de régler le conflit entre les deux entreprises.

 

Des négociations qui pourraient bien tourner au bain de sang, si la Chancellerie ne met pas rapidement fin aux violences. Encore faut-il ne pas avoir des intérêts financiers en jeu dans l’affaire, n’est-ce pas, Walter ?

ÌKELBOURG!ET!VALDELMAR!EN!LUNE!DE!MIELÍ TOUT CHANGE, RIEN NE CHANGE !

Mais où sont passés Kelbourg et Valdelmar ? A peine la guerre déclarée les voilà aux abonnés absents… Pour ne pas dire déserteurs. Valdelmar n’aurait jamais pris le bateau qui devait la mener sur le front Nord, d’après son épée lige Théodric Bravecoeur. Quant à Kelbourg, il aura rempli le mandat le plus court de toute l’histoire de la cité tout en remplissant l’exploit d’être toujours en vie. La Cathédrale fut bien en peine de nous répondre, et notre cher Brunnus finira par jeter un voile pudique sur une nouvelle affectation supposée de Valdelmar hors des murs de Hurlevent. Pour qui, pour quoi ? On ne le saura sans doute jamais.

 

En tout cas s’il y en a bien à qui ces défections ont bénéficié récemment, c’est Jonathan Walter, qui prend la suppléance de Kelbourg avec un enthousiasme zélé. On nous rapporte qu’on peut signaler son passage aux rayures qu’il laisse sur le parquet de la Chancellerie. Côté Cathédrale, le père Carter a été nommé diacre de Hurlevent pour remplacer Valdelmar pendant son absence. Néanmoins, il faut s’attendre à de nouvelles tensions, notamment avec le père Eudes Bonefoy. S’il n’est jamais question de paix quelque part, c’est bien ironiquement à la Cathédrale. Bref, rien de nouveau sous le soleil hurleventois.

Notre enquête se poursuit au sujet de la Guilde du Fer. Qu’en est-il de leur organisation interne, de ses activités mercantiles ? La rédaction est allée interroger d’anciens collaborateurs ou membres de cette organisation de Hurlevent jusque dans les terres neigeuses du royaume nain. Alors même que nos recherches se poursuivent, les avertissements pleuvent, même de la part des « amis » de la Guilde qui refusent d’être cités publiquement et s’inquiètent des représailles potentielles après la divulgation de leurs activités au grand jour.

7

Il faut reconnaitre quelque chose à la Guilde du Fer : elle sait faire fructifier ses intérêts. Depuis son arrivée de Forgefer, il y a près d’un an, elle cause autant de troubles qu’elle engrange de profits. Elle sait également faire régner la loi du silence autour d’elle, à coup d’intimidation et de « bastonnade ». On entend parler si souvent de ses cognars qu’on en oublie qu’elle fait également du commerce. Mais est-ce vraiment un commerce ? En général quand le mercenariat se mêle des affaires, on a tendance à parler de mafia. Mais n’anticipons point ! A la tête de cette si florissante entreprise : le « Vénérable » Gondagar Mire-Diamant. Non, ce n’est pas le nom d’une nouvelle marque de cire pour meubles. Discret la plupart du temps, il n’en est pas moins aux rennes d’une machine bien huilée pour casser quelques crânes et signer des contrats juteux.

« La Guilde du fer est du genre à casser les rotules de tous ceux qui seraient en désaccord avec elle. » Un ancien collaborateur de la Guilde du Fer.

S’il est facile d’obtenir rapidement des témoignages sur la brutalité des cognars, il est plus difficile de cerner le nain à la tête de l’organisation. Mais nous finissons par rencontrer d’anciens collaborateurs de la Guilde notamment ceux du Grand Marché, qui acceptent de témoigner sous couvert d’anonymat, redoutant les représailles sur leurs proches. En effet, s’en prendre à la Guilde du Fer, c’est risquer gros pour sa sécurité. Qu’à cela ne tienne, on ne se laisse pas si facilement intimider, quant à nous. Alors d’où vient la fortune de la Guilde ?

 « La Guilde du Fer venait avec tout un tas de gardes alors que nous n'en avions pas besoin, on aurait dit qu'ils souhaitaient mettre le marché en coupe réglée. » Un ancien membre du Grand Marché.

De ses artisans bien entendu. Des contrats juteux qui attirent tout d’abord les marchands isolés pour bénéficier de l’influence de la Guilde, mais rapidement, ceux-ci se trouvent soumis à des échéances de productivité et une compétition féroce au sein de l’entreprise. Et mieux vaut que la production soit à la hauteur. Normal pour une guilde marchande ? Tout dépend si on considère que l’ordre n’a aucun scrupule à malmener ses propres membres, dans une entreprise où la violence est quotidienne.

« Le Vénérable prend toutes les décisions. Les artisans n'ont qu'un rôle limité, alors qu'ils sont censés faire la fortune de la guilde. » Ancien membre de la Guilde du Fer.

Les cognars ne font pas que sévir à l’extérieur de la Guilde. Ils exercent également de la pression sur les artisans et s’entretuent entre eux, comme en atteste l’exemple de Dolhime Barbe-de-Fer, nommé capitaine des cognars après que Turin Cendreroc ait été envoyé en prison pour une énième affaire d’agression. Son ascension aura été de courte durée, Cendreroc jurant sa mort après sa libération de prison. Durant l’expédition en Silithus, il est tabassé par Cendreroc, humilié et marqué au fer rouge pour avoir « osé » prendre la place de son prédécesseur.

« De temps à autre, il y a un roulement dans le corps officier. Parmi les cognars, ça se fait dans la violence et le sang, parmi les artisans, cela se fait par la manigance. » Ancien membre de la Guilde du Fer.

Plus grave encore, la Guilde emploierait en son sein des assassins et des espions pour nettoyer la concurrence et toute « menace » réelle ou supposée qui viendrait à pointer le bout de son nez. Ainsi, d’anciens concurrents auraient été suivis et la Guilde informée de leurs prochaines ventes afin de les saboter.

La Guilde, tenue d’une main autoritaire et bien souvent misogyne et raciste – en attestent le cas de leurs anciens voisins de la Main de Cendres – récompense la violence et la soumission aux officiers, sous peine de se voir à son tour tabassé ou pire.

 « Quiconque osait désobéir était passé à la bastonnade. » Ancien membre de la Guilde du Fer.

A cet égard, certains s’interrogent sur la mort de Varaz Mont-Rubis, demeurée obscure et qui aurait traité un moment avec la Horde au moment où celle-ci retenait son fils en otage. Simple disparition ou meurtre d’un Vénérable devenu gênant ? Quoi qu’il en soit, la Guilde aurait ensuite fait appel à sa descendance qui trafiquerait avec une guilde d’assassins obscure nommée le Varta.

« Turin aimait être cruel, avec tout le monde. Les cognars le soutenaient. Alors il les a retournés contre le capitaine qu'il avait juré de tuer. Dolhime s'est fait prendre à parti, par sa propre guilde, les siens, il s'est fait passer à tabac, et marqué au fer rouge. » Ancien membre de la Guilde du Fer.

Disparitions suspectes, intimidation, violences, concurrence déloyale semblent être les maîtres mots de la Guilde du Fer, qui ne cesse jamais de faire parler d’elle. Après tout, la mauvaise publicité reste un moyen de se faire remarquer. Mais à trop jouer avec le feu, on finit par se brûler.

Cercle des Combattants , <

Nouvelle animation du Comptoir des Combattants, tous les lundi soir à 21 heures près de l’Ambassade de Hurlevent ! Le cercle de combat est l’occasion de tester les armures et autres équipements fournis par le Comptoir des Combattants, dans des entraînements amicaux, en duel avec des volontaires ou sur mannequin. N’hésitez plus et venez suer et faire vos preuves sur le terrain ! Les soigneurs désireux d’aider au bon déroulement des soirées sont les bienvenus.

LA GUILDE DU FER : entre magouilles et trahisons D’anciens collaborateurs brisent la loi du silence

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Rédactrice en chef : Geillis Jorgensen

Journaliste : Galbenel Polbouquine

Assistant : Harlan Smoothe

l'equipe L 8
PREMIER ARRIVÉ,PREMIER TOMBÉ

Qu’est ce qui fait un bon soldat ? Être toujours prêt, abattre le plus d’ennemi possible ? Être capable de monter en première ligne malgré la peur qui paralyse les jambes… ? Que fait-on de ceux qui tombent dans les premiers instants ? Ceux qui ne sont pas morts en héros, mais seulement blessés, inaptes au combat ? Manque de courage ou excès de bravoure… Ou simplement malchance. Ils sont nombreux ces anonymes qui ne seront recensés dans aucune chronique, aucun récit qui contera leur histoire. Pourtant leur voix peut nous apporter une sagesse méconnue : celle de la résilience.

“Pour l’Alliance !”  “Que la Lumière soit avec vous !” “Chouchous, beignets, crêpes et gaufres !”

 

Le vendeur de sucreries qui se sert de la foule massée au port me fait sourire. Il n’y a pas de petits profits, comme on dit. Et puis il ajoute une touche bienvenue de légèreté, entre toutes ces acclamations trop sérieuses, alors qu’on bat le plancher du pont, l’équipage et les volontaires qui partent en mer ce soir. Ça claque sur le bois, dans un rythme cadencé. Je retrouve ces sons, ces mouvements que j’ai appliqués aussi, quand j’ai fait mon service militaire, y’a quelques années en arrière. La nostalgie m’envahit un peu. Mais pas le temps de lui accorder trop d’importance. Ce soir, on lève l’ancre et je regarde le port s’éloigner, à me demander ce qu’on trouvera au bout du voyage et ce qu’on va pouvoir faire pour être le plus utiles possible. Je suis fier de participer à cette opération. Fier de servir l’Alliance et de ce que je vais pouvoir apporter au régiment.

 

Le voyage se déroule sans encombre, chacun vaque à ses occupations. Certains moins à l’aise que d’autres, si j’en juge les malades qui passent leur temps à alléger le contenu de leur estomac par-dessus bord ou dans le seau que les mousses utilisent pour laver le pont. Je vérifie une énième fois mon arme à feu, qui ne me fait jamais défaut. Puis soudainement, une vigie se met à beugler. Contact visuel avec la Horde. Trop tôt, pas trop tôt, tout le monde ici a un avis qui diffère de son voisin. Plutôt que de débattre, vous feriez mieux de vous préparer. Moi en tout cas, je n’attends pas pour sortir sur le pont. Si je peux toucher quelques peaux-vertes en avant-première, je le fais avec plaisir.

 

Je vois la flotte adverse qui se rapproche, l’abordage est imminent. Je prends de la hauteur et je me mets en position de tir. J’ai fait ça tellement de fois, c’est un jeu d’enfant. Le premier sang est souvent déterminant dans le cours d’une bataille. Et je vais l’offrir à l’Alliance. Galvaniser les troupes, ça passe aussi par la vue de l’hémoglobine ennemie. Si ça saigne, ça peut mourir. L’œil rivé sur le navire, à travers la lunette de mon fusil, j’aperçois le reflet d’une lentille gobeline. Un tireur en face a visiblement eu la même idée que moi.

 

Et cet individu a été plus rapide. J’entends une détonation. Je m’étale au sol, pris d’une douleur au poumon alors que je goûte à mon propre sang. On me tire à couvert. Traîné au sol, j’ai subitement l’air misérable. J’ai honte. J’ai servi le premier coup à la Horde, sur un plateau d’argent. J’entendrai presque ce fumier ricaner tout en rechargeant son fusil, un sourire satisfait sur sa tronche vicelarde. Ça me met en rage, mais je n’ai pas la force de me relever. Je crois qu’on me met des claques. Je ne sais pas. Mes paupières sont lourdes, besoin de sommeil, laissez-moi dormir.

 

Tout n’est que néant, mais je n’en ai pas conscience. Je me réveille, je ne suis plus sur le navire. J’examine les parois humides qui m’entourent, j’écoute les bruits de pas qui résonnent en écho. Où suis-je ? J’essaie de me lever. Impossible. Mon corps s’y refuse. Qu’est-ce que c’est que cette blague ? Quelqu’un me voit m’agiter et vient pour me calmer, m’expliquer. Grièvement blessé, que j’entends. Inapte à combattre.

 

… Inapte à combattre. Alors que je n’ai même pas eu le temps de faire quoi que ce soit. Cette phrase me heurte dans mon égo. Je n’ai servi à rien. Je ne servirai à rien. Je me sens comme un poids mort, subitement. Un poids mort miraculé, qu’on me rétorque, alors que j’avais visiblement cette pensée à voix haute. Miraculé ou pas, je suis tombé avant que ça ne commence et c’est la pire des choses qui puisse arriver à un soldat ou un engagé. Ne pas avoir l’occasion de faire ses preuves, arrêté sur la grille de départ. Alors que tout le monde s’agite et fait ce pour quoi il s’est engagé, je suis sur ce lit de fortune, prisonnier d’un corps qui refuse de me soutenir dans ma volonté de servir l’Alliance. Je veux, mais je ne peux. Plus que physiquement, c’est moralement que je suis blessé.

 

Je n’aurai eu aucun impact sur cette opération, si ce n’est d’être celui qu’on terrasse en premier, pour montrer l’exemple. Je ne sais pas si j’arriverai à l’assumer complètement un jour. En attendant, je gamberge et je broie du noir en fixant le plafond de cette grotte qui m’insupporte déjà. Ça dure quelques jours, avant que j'apprenne que je peux être rapatrié à Hurlevent, par un portail magique qui fait transiter des civils venus aider. Je saute sur l’occasion et je me retrouve à la capitale dans la journée, déposé chez Emma, chez qui je cohabite.

 

“Ce n’est pas une fatalité, d’avoir essuyé le premier coup. Imaginez un seul instant si cette balle avait tué un de vos chefs ? Vous auriez été subitement désorganisés et le bilan aurait pu être beaucoup plus catastrophique.” En une phrase, Emma retourne ma façon de penser. La sagesse d’une ancienne, c’est efficace et la convalescence me paraît plus supportable tout à coup. Je suis moins en colère contre moi-même que dans cette sinistre grotte. Mais j’ai laissé derrière moi un régiment entier et des personnes auxquelles je tiens beaucoup, là-bas.  J’espère qu’ils vont bien. Je ne peux faire que ça, je dois être patient.

 

Petit à petit, je prends conscience de la chance que j’ai d’être encore en vie et je compte bien mettre à profit ce repos forcé pour préparer le retour de mes camarades. Je répare ma brèche psychologique et j’en profite même pour la renforcer. Se laisser abattre, c’est donner la victoire à l’ennemi.

 

Harlan Smoothe

 

 

TÉMOIGNAGE DE SOMBRIVAGE

Lors de notre appel à témoignage, nous avons reçu beaucoup de longs courriers déchirants racontant les derniers instants de Teldrassil. Même si les récits diffèrent, il reste difficile pour tous de raconter l’horreur et la souffrance dont ils ont été témoins ou partie prenante lors de ce tragique événement de notre histoire. Néanmoins, une prêtresse, Yorae Gardetombe, apparemment présente sur les lieux à la toute fin, raconte qu’Elune serait intervenue dans les derniers instants pour apporter un peu de soulagement à son peuple, plongeant ce dernier dans un profond sommeil.

 

Témoignage véridique ou déni traumatique face à l’horreur ? Le mystère reste entier, mais nous faisons parvenir l’information à la demande de l’intéressée, en espérant que cela pourra lui apporter un certain soulagement.

 

Geillis Jorgensen

Le Furet Couronné est un journal s'inscrivant dans la communauté jeu de rôle du serveur Kirin Tor (EU) sur le jeu World of Warcraft.

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